Quel avenir ?

La précarité, ils connaissent la chanson

Ils viennent de la « France du sous-sol » et enregistrent en ce moment leur premier disque. La quinzaine de chanteurs de la chorale Abalabu – comprendre « à bas l’abus » – y racontent leurs existences.

L’album de sept titres, qui sera dans les bacs en mai, a été financé « grâce à l’aide de quelques copains », raconte Fabien, 32 ans. Ces mélomanes amateurs de 9 à 39 ans évoquent l’injustice de la précarité.

Chaque lundi soir depuis un an et demi, Ines, Faez, Myriam et les autres, tous membres de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité (Apeis), se réunissent à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour appeler en chantant au respect des droits des chômeurs. « L’objectif est d’engager les personnes en difficulté à se libérer par la chanson, à exprimer leur ras-le-bol, au lieu de se replier sur elles-mêmes », souligne Mohamed, en caressant les cordes de son luth oriental.

Sous les néons de la salle de répétition, l’enthousiasme des chanteurs, pour la plupart ex-chômeurs, se transmet par les textes de Nougaro, Moustaki ou des chants africains. « Abalabu, c’est aussi un lieu chaleureux d’échange, note le patriarche du groupe, de partage par le chant d’une culture universelle qui dépasse les frontières imposées. » Le point commun de ces chanteurs de tous âges et toutes origines ? « On naît pas content du tout, du tout », répondent-ils en choeur, reprenant la chanson de Manu, du groupe reggae Baobab. Et de conclure : « Si on ne mange que des pâtes à la maison, c’est que le menu est préparé à Matignon. »

Constance Badot

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La précarité, ils connaissent la chanson

Ils viennent de la « France du sous-sol » et enregistrent en ce moment leur premier disque. La quinzaine de chanteurs de la chorale Abalabu – comprendre « à bas l’abus » – y racontent leurs existences.

L’album de sept titres, qui sera dans les bacs en mai, a été financé « grâce à l’aide de quelques copains », raconte Fabien, 32 ans. Ces mélomanes amateurs de 9 à 39 ans évoquent l’injustice de la précarité.

Chaque lundi soir depuis un an et demi, Ines, Faez, Myriam et les autres, tous membres de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité (Apeis), se réunissent à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour appeler en chantant au respect des droits des chômeurs. « L’objectif est d’engager les personnes en difficulté à se libérer par la chanson, à exprimer leur ras-le-bol, au lieu de se replier sur elles-mêmes », souligne Mohamed, en caressant les cordes de son luth oriental.

Sous les néons de la salle de répétition, l’enthousiasme des chanteurs, pour la plupart ex-chômeurs, se transmet par les textes de Nougaro, Moustaki ou des chants africains. « Abalabu, c’est aussi un lieu chaleureux d’échange, note le patriarche du groupe, de partage par le chant d’une culture universelle qui dépasse les frontières imposées. » Le point commun de ces chanteurs de tous âges et toutes origines ? « On naît pas content du tout, du tout », répondent-ils en choeur, reprenant la chanson de Manu, du groupe reggae Baobab. Et de conclure : « Si on ne mange que des pâtes à la maison, c’est que le menu est préparé à Matignon. »

Constance Badot

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