Quel avenir ?

Des chômeurs et précaires défilent à Paris pour “rappeler qu’ils existent”

Qu’on croit ou pas au Père-Noël, nous aussi on a envie de faire des cadeaux à nos enfants", raconte Philippe en défilant avec d’autres chômeurs, précaires et stagiaires, samedi à Paris, bien décidés à "rappeler qu’ils existent" aux candidats à la présidentielle.

“Le but, c’est de montrer qu’on existe, rappeler qu’il y a cinq millions de chômeurs et sept millions de travailleurs pauvres en France… Mais aussi de dire qu’il n’y a pas de fatalité : que notre situation est le résultat de choix politiques, sociaux et des entreprises, dans une société riche”, explique à l’AFP Philippe Villechalane, porte-parole de l’association de chômeurs Apeis.
Le cortège réunit “plus de 4.000 personnes” selon les organisateurs, 1.150 selon la police.
L’Apeis, le MNCP, AC ! et la CGT-chômeurs ont fixé le parcours de cette manifestation nationale parisienne de la Place de la République au siège de l’Unedic (assurance-chômage), dans le 12e arrondissement, comme elles le font tous les ans en décembre depuis quatre ans.
“Cette manif est devenue un rituel pour dire que beaucoup de gens ne passent pas un bon Noël : on est les porte-parole des sans-voix”, raconte Maguy, 54 ans, une ancienne de Moulinex à Caen licenciée en 2001, la casquette vissée sur des cheveux noirs très courts. “J’attends des actes forts du gouvernement, mais aussi du Medef”.
Patrice, 58 ans et sans emploi depuis la fermeture de son entreprise de PVC il y a dix ans, est venu de Oignies (Pas-de-Calais). “On est là pour rappeler qu’on existe : pas seulement au moment des élections, mais toute l’année”, explique-t-il, le sourire gâché par des dents mal soignées, comme plusieurs autres manifestants.
Du côté des précaires, souvent des jeunes, Marie, 32 ans, travaille à temps partiel “subi” dans une association toulousaine. “Un chômeur est un électeur”, indique sa banderole et elle aimerait mobiliser les demandeurs d’emploi “pour qu’ils aillent voter et que le premier parti des chômeurs ne soit plus l’abstention”. “Parce que, quoiqu’on en dise, il y a une différence de gestion entre la gauche et la droite”, assure-t-elle.
“Sarkozy au RMI !”, crient certains manifestants, tandis que d’autres demandent aux pouvoirs publics de “combattre le chômage, pas les chômeurs”.
Les stagiaires du collectif “Génération précaire” sont aussi là, comme toujours le visage caché par des masques blancs. Quelque 800.000 stages sont effectués chaque année en France et le collectif dénonce le recours abusif par certaines entreprises de stagiaires sous-payés pour des tâches correspondant à de vrais emplois.
Parmi les manifestants venus de province, Jean-Pierre, grand gaillard du BTP originaire de la Sarthe est lui au chômage depuis quatre ans. “A 50 ans, pour trouver du travail, c’est pas facile : on espère que les candidats à la présidentielle vont nous entendre et voir qu’il faut changer les choses”, déclare-t-il le regard bleu désabusé.
Dans l’immédiat, les manifestants demandent que “la prime de Noël” de 152 euros réservée aux bénéficiaire du RMI et aux chômeurs en fin de droits (ASS) soit portée à 500 euros et accordée à “tous les chômeurs et précaires”.
“Le débat électoral est reparti sur l’insécurité et nous tenons à le recentrer sur le chômage et la précarité, qui sont les premières préoccupations des Français”, souligne Jean-François Yon, le porte-parole du MNCP.

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Des chômeurs et précaires défilent à Paris pour “rappeler qu’ils existent”

Qu’on croit ou pas au Père-Noël, nous aussi on a envie de faire des cadeaux à nos enfants", raconte Philippe en défilant avec d’autres chômeurs, précaires et stagiaires, samedi à Paris, bien décidés à "rappeler qu’ils existent" aux candidats à la présidentielle.

“Le but, c’est de montrer qu’on existe, rappeler qu’il y a cinq millions de chômeurs et sept millions de travailleurs pauvres en France… Mais aussi de dire qu’il n’y a pas de fatalité : que notre situation est le résultat de choix politiques, sociaux et des entreprises, dans une société riche”, explique à l’AFP Philippe Villechalane, porte-parole de l’association de chômeurs Apeis.
Le cortège réunit “plus de 4.000 personnes” selon les organisateurs, 1.150 selon la police.
L’Apeis, le MNCP, AC ! et la CGT-chômeurs ont fixé le parcours de cette manifestation nationale parisienne de la Place de la République au siège de l’Unedic (assurance-chômage), dans le 12e arrondissement, comme elles le font tous les ans en décembre depuis quatre ans.
“Cette manif est devenue un rituel pour dire que beaucoup de gens ne passent pas un bon Noël : on est les porte-parole des sans-voix”, raconte Maguy, 54 ans, une ancienne de Moulinex à Caen licenciée en 2001, la casquette vissée sur des cheveux noirs très courts. “J’attends des actes forts du gouvernement, mais aussi du Medef”.
Patrice, 58 ans et sans emploi depuis la fermeture de son entreprise de PVC il y a dix ans, est venu de Oignies (Pas-de-Calais). “On est là pour rappeler qu’on existe : pas seulement au moment des élections, mais toute l’année”, explique-t-il, le sourire gâché par des dents mal soignées, comme plusieurs autres manifestants.
Du côté des précaires, souvent des jeunes, Marie, 32 ans, travaille à temps partiel “subi” dans une association toulousaine. “Un chômeur est un électeur”, indique sa banderole et elle aimerait mobiliser les demandeurs d’emploi “pour qu’ils aillent voter et que le premier parti des chômeurs ne soit plus l’abstention”. “Parce que, quoiqu’on en dise, il y a une différence de gestion entre la gauche et la droite”, assure-t-elle.
“Sarkozy au RMI !”, crient certains manifestants, tandis que d’autres demandent aux pouvoirs publics de “combattre le chômage, pas les chômeurs”.
Les stagiaires du collectif “Génération précaire” sont aussi là, comme toujours le visage caché par des masques blancs. Quelque 800.000 stages sont effectués chaque année en France et le collectif dénonce le recours abusif par certaines entreprises de stagiaires sous-payés pour des tâches correspondant à de vrais emplois.
Parmi les manifestants venus de province, Jean-Pierre, grand gaillard du BTP originaire de la Sarthe est lui au chômage depuis quatre ans. “A 50 ans, pour trouver du travail, c’est pas facile : on espère que les candidats à la présidentielle vont nous entendre et voir qu’il faut changer les choses”, déclare-t-il le regard bleu désabusé.
Dans l’immédiat, les manifestants demandent que “la prime de Noël” de 152 euros réservée aux bénéficiaire du RMI et aux chômeurs en fin de droits (ASS) soit portée à 500 euros et accordée à “tous les chômeurs et précaires”.
“Le débat électoral est reparti sur l’insécurité et nous tenons à le recentrer sur le chômage et la précarité, qui sont les premières préoccupations des Français”, souligne Jean-François Yon, le porte-parole du MNCP.

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