Quel avenir ?

France Travail : des chiffres et des hommes

Partout, tout le temps, nos ministres et dirigeants nous serinent que le chômage baisse, que le nombre de chômeurs n'a jamais été aussi bas, que le nombre de création d'emplois atteint est super...

 

Ils communiquent un peu moins sur la nature des emplois, sur les salaires, sur la durée des contrats, sur les conditions de travail. Moins également sur le fait que les radiations à France Travail ont augmenté de 50 % en trois ans, et que cela a frappé 54 600 femmes et hommes au dernier trimestre 2023. Non pas radiés pour retour à l'emploi puisque 60 % des radiations sont dues à une non présentation à une convocation…

Quand on a le malheur d'être confronté à France Travail, on connaît les convocations qui n'arrivent pas, ou à une mauvaise adresse, ou encore (et ce n'est pas rare) qui arrivent le jour même ou après la date prévue du rendez-vous.

Tout cela est orchestré. Pendant que l'on diminue les droits des salariés et des chômeurs, le patron de Stellantis (Peugeot, etc.) Carlos Tavares déclare 36,5 millions € de salaire annuel, en augmentation de 55 %, et les actionnaires vont se partager 4,7 milliards en dividendes.

Ils osent tout, même le pire, surtout le pire. Ils font, ou plutôt défont tous les conquis sociaux, les uns après les autres. Même les socialistes, de Hollande à Valls, et la droite de Sarkozy n'avaient pas tant cassé et privatisé… et pourtant ils ne s'étaient pas gênés.

France Travail, c'est également l'utilisation des « services civiques » presque à outrance. Plein de bonne volonté, ces jeunes ne sont ni formés ni compétents pour répondre à des questions lourdes de sens sur la vie et l'avenir de femmes et d'hommes.

Bien évidemment, ce ne sont pas des conseillers, mais ces derniers orientent quasi systématiquement les usagers vers les bornes numériques gérées par leurs « collègues » en service civique… qui, soit dit en passant, ont des contrats de 6 à 8 mois et perçoivent 619,93 € mensuel (504,98 € de l'État et 114,85 € de l'organisme employeur) pour des engagements de 24 à 30h par semaine.

France Travail est un outil de gestion, de contrôle et… pas grand-chose d'autre.

Plutôt que de considérer les chômeurs comme des chiffres, des courbes, des statistiques ou des pourcentages, comme des stocks à gérer et à sous-traiter à des boîtes privées qui vont se gaver de bénéfices au sein du service public que l'on détruit, tout devrait être mis en œuvre pour que chacune et chacun puisse avoir une vraie formation qui permette d'obtenir un emploi décent, avec du sens. Et dont on puisse vivre dignement !

« Ils ont essayé de nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines. » -

Proverbe mexicain.

 

Philippe Villechalane

Pour l'Apeis

 

 

France Travail : des chiffres et des hommes

Partout, tout le temps, nos ministres et dirigeants nous serinent que le chômage baisse, que le nombre de chômeurs n'a jamais été aussi bas, que le nombre de création d'emplois atteint est super...

 

Ils communiquent un peu moins sur la nature des emplois, sur les salaires, sur la durée des contrats, sur les conditions de travail. Moins également sur le fait que les radiations à France Travail ont augmenté de 50 % en trois ans, et que cela a frappé 54 600 femmes et hommes au dernier trimestre 2023. Non pas radiés pour retour à l'emploi puisque 60 % des radiations sont dues à une non présentation à une convocation…

Quand on a le malheur d'être confronté à France Travail, on connaît les convocations qui n'arrivent pas, ou à une mauvaise adresse, ou encore (et ce n'est pas rare) qui arrivent le jour même ou après la date prévue du rendez-vous.

Tout cela est orchestré. Pendant que l'on diminue les droits des salariés et des chômeurs, le patron de Stellantis (Peugeot, etc.) Carlos Tavares déclare 36,5 millions € de salaire annuel, en augmentation de 55 %, et les actionnaires vont se partager 4,7 milliards en dividendes.

Ils osent tout, même le pire, surtout le pire. Ils font, ou plutôt défont tous les conquis sociaux, les uns après les autres. Même les socialistes, de Hollande à Valls, et la droite de Sarkozy n'avaient pas tant cassé et privatisé… et pourtant ils ne s'étaient pas gênés.

France Travail, c'est également l'utilisation des « services civiques » presque à outrance. Plein de bonne volonté, ces jeunes ne sont ni formés ni compétents pour répondre à des questions lourdes de sens sur la vie et l'avenir de femmes et d'hommes.

Bien évidemment, ce ne sont pas des conseillers, mais ces derniers orientent quasi systématiquement les usagers vers les bornes numériques gérées par leurs « collègues » en service civique… qui, soit dit en passant, ont des contrats de 6 à 8 mois et perçoivent 619,93 € mensuel (504,98 € de l'État et 114,85 € de l'organisme employeur) pour des engagements de 24 à 30h par semaine.

France Travail est un outil de gestion, de contrôle et… pas grand-chose d'autre.

Plutôt que de considérer les chômeurs comme des chiffres, des courbes, des statistiques ou des pourcentages, comme des stocks à gérer et à sous-traiter à des boîtes privées qui vont se gaver de bénéfices au sein du service public que l'on détruit, tout devrait être mis en œuvre pour que chacune et chacun puisse avoir une vraie formation qui permette d'obtenir un emploi décent, avec du sens. Et dont on puisse vivre dignement !

« Ils ont essayé de nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines. » -

Proverbe mexicain.

 

Philippe Villechalane

Pour l'Apeis

 

 

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